
En 1990, un anglais chantait, à la radio, qu'il se sentait comme un alien à New York.
Dix-huit ans plus tard, un Noir trinque, à la télé, à la santé du Front National. Les vingts ans qui séparent ces deux épisodes devrait nous faire méditer sur les effets conjugués de la Mondialisation et du réchauffement climatique...
Le comique le plus doué de sa génération est parvenu au titre de "comédien le plus détesté de France" trois ans seulement après avoir joué Dieu dans un blockbuster de Michael Youn.
Provocateur ? A coup sûr. Discrédité ? Peut être.
Mais cette mise à l'index a-t-elle valeur d'infamie ou d'insigne honneur ?
Malheureusement pour Dieudonné, sans doute ni l'un ni l'autre.
Voici une histoire du showbiz vue du placard. (Printemps 2008)
[Dieudonné s'arrête sur l'article consacré à Hugo Chavez dans le précédent Gasface]
Je l'ai rencontré quand je suis allé visiter le sud-Liban avec Thierry Meyssan (1) et Alain Soral (2). Pendant notre voyage [en septembre 2006, NDLR], on a su qu'il était en visite officielle en Syrie. Des amis qui le connaissaient ont arrangé une petite rencontre à Damas. On a discuté une petite quinzaine de minutes dans le hall de l’hôtel. Je lui ai dit tout le bien que je pensais de sa politique et de sa vision du monde, lui transmettant de la France et de l’Afrique l’espoir que sa politique pouvait susciter. Au Liban on a aussi rencontré le révérend Jesse Jackson. De par le site des Ogres [lesorgres.org] on a des contacts un petit peu partout dans le monde, on a pu organiser ces rencontres avec les relations de chacun. C’était très bien. Le contact est fait, il est d’ailleurs question qu’on aille au Venezuela…
De toute façon, on est dans un monde en plein mouvement, c’est agréable d’avoir le privilège de rencontrer ceux qui ont une vision. En même temps ce n’est pas un hasard : tous les hommes qui à un moment donné résistent à un système injuste finissent un jour par se rencontrer. C'est une question de patience et de conviction, et c’est avec l’âge qu’on s’aperçoit de ça. Ces dernières années, j’ai eu la chance de rencontrer les gens que j’avais le plus envie de rencontrer, c'est vrai.
Quel est ton regard sur le jeu à trois entre Chávez, Uribe et Sarkozy
pour obtenir la libération des otages
par les FARC [Forces armées révolutionnaires de Colombie] ?
Depuis le départ je suis très sceptique sur Sarkozy. Je ne fais pas partie de son comité de soutien. Regarde le vote électronique : pour moi, tout est faux. C’est le néo-libéralisme gangrenant planétaire qui a placé là un pion à renfort de gros moyens…
Je n’ai pas bien saisi l'histoire du vote électronique...
Je dis qu’il y a deux millions de personnes qui se sont exprimées par le vote électronique et qu’il n’y a aucun moyen de contrôle objectif à part le ministère de l’Intérieur, et Sarkozy était ministre de l’Intérieur… Donc moi je trouve dès lors que ces élections auraient dû être invalidées, comme ça c’était passé avec Bush lors de son élection d’ailleurs. C’est exactement le même principe et la même problématique. Fort de cette expérience-là, Sarkozy a mis en place un système qui a disparu depuis, puisqu'ils ne s’en sont pas servis lors des législatives… Il y a eu en tout deux millions de votes électroniques. Ça, plus les instituts de sondage et la presse qui avait fabriqué Sarkozy comme étant le candidat qui allait être élu… Je pense que l’axe que défend Sarkozy est en guerre. Il fallait absolument installer à Paris une plateforme, une passerelle, pour cette politique de pillage, de saccage de la planète.
En étant issus de la même famille politique, la vraie rupture entre Chirac et Sarkozy c’est l’option atlantiste du dernier.
Chirac était attaché à l’aspect géographique. Sarkozy, je ne serais pas étonné s’il devenait dans quelques années un homme d’affaire milliardaire installé aux Etats-Unis. Il est en train de vider les caisses pour se préparer un avenir personnel, et puis sera mis en place un Kouchner ou je ne sais quel autre Strauss-Kahn pour nous envoyer faire la guerre dans les pays du Golfe…
C’est pour ça que je ne m’intéresse plus à cette politique-spectacle. J’ai décidé de rester sur scène parce que le rire est le dernier espace de liberté totale. C’est comme ça que je vois les choses.
Tu les as connus comment, Alain Soral et Thierry Meyssan ?
Meyssan je le connais de l’époque où il sortait son bouquin chez Ardisson [en 2002, dans Tout le monde en parle]. J’avais trouvé son développement très intéressant. Il m’a filé un des ses bouquins, je l’ai lu, on s’est revus, il est venu voir mon spectacle. Pour Soral c’est la même chose, on s’est croisés... Maintenant on se voit régulièrement, pour discuter de la société dans laquelle on vit. Moi je suis un humoriste, eux sont tous les deux très politiques, ils sont auteurs, polémistes. Chacun a son mode d’expression mais je pense qu’on est tous animés par quelque chose de commun qui est la liberté de penser, la libre expression.
Quand je t’ai vu au FN, je me suis dit : « C’est Soral qui lui a soufflé ».
Soral m’a effectivement désinhibé par rapport à la diabolisation outrancière autour de Jean-Marie Le Pen. Moi je me suis battu il y a longtemps contre le FN dans ma circonscription de Dreux.
Mais je crois que j’ai été victime, comme beaucoup, de l’instrumentalisation du racisme. Il y avait l’épouvantail Jean-Marie Le Pen, un "ancien d’Algérie", qui était là et qui devait être "le racisme ultime". Effectivement aujourd’hui je vous le dis : Sarkozy est bien plus raciste que Le Pen, bien plus. Kouchner, je n’en parlerai pas. Lui, c’est le racisme en col blanc, le plus brutal et le plus sanguinaire.
Il n’y a rien de neuf dans ta critique d'une certaine gauche, celle de Kouchner et du “devoir d’ingérence“ ou celle de Julien Dray (3) et de SOS Racisme. C’est très connu ça…
Je pense que ce sont les personnes les plus racistes que nous ayons dans le système français.
Je ne peux pas parler de Julien Dray : en ce moment je suis en procédure avec lui. Il a dit que le meurtre d’Ilan Halimi (4) c’était “l’effet Dieudonné“. Que c’était de ma faute…
On va devoir s’expliquer devant un juge.
D’une, je ne connaissais pas son meurtrier ; de deux, jamais je n'aurais proposé ce genre de chose. Or du moment que Fofana est noir, c’est tous les noirs dans le même panier. Il faut dénoncer cet amalgame systématique qui est fait autour de la communauté noire ! Je crois vraiment profondément que SOS Racisme est un piège dans lequel beaucoup sont tombés, dont moi. Je n’avais pas compris à l'époque à quel point cette association venait au secours du racisme et non de la victime du racisme… Le Pen a été le personnage central de ma lutte politique pendant longtemps. Aujourd’hui je sais que le fascisme de Le Pen est beaucoup moins dangereux que le fascisme de Sarkozy.
D’où vient ta nouvelle attitude par rapport au Front National ?
Elle vient du raisonnement, de l’échange, de la rencontre. Lorsqu’on grandit avec une culture, une éducation qui vous dit que l’Axe du Mal est tenu et porté par cet homme, il y a un gros travail sur soi à faire, surtout quand on s’est investi et qu’en plus on a milité comme je l'ai fait. Il y a une vraie remise en question. Et moi c’est vrai que ça s’est progressivement fait sur le terrain de la liberté d’expression… C'est-à-dire que j’ai fait des sketches sur le fanatisme religieux, qu’il soit catholique ou musulman, et que je n’ai eu aucun souci. En revanche j’ai fait un sketch sur un Israélien fanatique religieux, et là il y a eu un problème. Et c'est là que je me suis dit :
"Tiens, c’est étrange, il y a deux poids, deux mesures"… Voilà, ça s’est construit comme ça… Maintenant observons les choses avec ce prisme “deux poids deux mesures“ : alors qui est ce Le Pen ? Qu’est ce qu’il a fait, exactement ? Moi je n’ai pas fait la guerre d’Algérie, mais bon, à l’époque de la guerre d’Algérie, où était Mitterrand par exemple ?
Il a été Ministre de la Justice (5) je crois.
Il avait un poste plus important que celui de Le Pen. Il a couvert toutes ces exactions. Alors je m’interroge : De Gaulle, le maître à penser, il était où ? On voudrait s’en prendre au petit soldat de base - gradé quand même, je crois - et ne pas parler des véritables responsables politiques de ce carnage ?
Même s'il n'avait été qu'une "marionnette", ça ne l’exonère en rien...
Il n'est pas plus recommandable que notre député ou notre président. La moindre des choses quand on est dans une démocratie, c’est d’aller voir et d’aller écouter. Une fois qu’on a enlevé la barrière de "l’infréquentabilité", il reste simplement à écouter pour savoir. Il s'agit certes, pour moi, pour ma génération, d'une politique d’un autre âge, mais ça n’est pas ce que l’on a décrit. Ça n’a rien à voir.
Tu parles de quoi ?
De lui, de son environnement. Ça n’a rien à voir avec le danger immédiat d’une formation politique nazie en formation groupée en France, n’attendant qu’un incident pour exterminer une partie de la population et déporter les autres… Je n’ai pas vu ça.
C’est quoi alors ?
(Surpris) Euh… C’est sûr que d’un point de vue profondément intellectuel et culturel, ça n’est pas mon milieu, ça c’est certain. Quoique Le Pen est un homme particulièrement instruit, particulièrement intelligent, mais dans son environnement c’est sûr qu’il y a... Mais c’est comme dans l’environnement de n’importe qui, en même temps… Pourquoi serait-il jugé comme il l’est et pas les autres ? Mitterrand a fait bien plus de mal à l’Afrique que Le Pen, Chirac bien plus…
Ils n'ont pas exercé les mêmes fonctions.
Il aurait été au même poste, je suis désolé, mais en Irak sa position est bien plus respectable que celles des autres.
Le Pen était un ami de Saddam Hussein. Sa femme a une association là-bas (6).
Oui, mais entre le blocus organisé et sa position, que je comprends, de non-intervention dans un Etat souverain... Le nationalisme, lorsqu’il est honnête, prône aussi le respect des frontières de l’autre [sic]. Le problème du nationalisme et moi, c’est la notion de "frontière". Je ne partage pas la notion de “frontière géographique“. Mais ce qui m’amuse, moi qui suis descendant d’esclaves, c'est qu'une partie des questions que je me suis posées autour de Le Pen sont des questions d’esclave. Oui, on est esclave de cette image, on est esclave de cette bien-pensance. Mais quel est le problème ? D'être allé voir et d'avoir cherché à raisonner avec son intelligence ? Le Pen est un problème ? On va aller voir Le Pen. Je vais aller le voir, et les autres aussi - là bizarrement ça n’a posé aucun problème. C'est seulement avec Le Pen qu’on s’est dit : "Il y a un rapprochement".
C'était légitime avec Soral. C'est ton pote et il bosse pour eux, non ?
Oui, il est conseiller. Il pense que le Front National est un parti de gauche à terme (on rit).
Je trouve Soral courageux en soutenant Le Pen, même si ça peut paraître suicidaire pour un artiste ou un auteur. Je trouve ça bien plus courageux qu’un Elie Semoun - qui est un copain aussi - derrière une Ségolène ou qu’un Bigard derrière Sarkozy.
Ils sont peut être aussi sincères qu'un Soral.
Oui mais je trouve ça plus ringard. Je trouve ça moins Rock n’Roll.
J'ai l'impression que ta marginalisation date de l'émission de Fogiel (7). Maintenant tu te retrouves avec Meyssan, avec Soral, avec Le Pen… Et qu’ont-ils en tous commun ? On les soupçonne d’antisémitisme.
L’antisémitisme est pour moi une bêtise tout comme le racisme. D’ailleurs dissocier cette forme de racisme des autres, je trouve ça suspect. Si j’étais antisémite, objectivement, je me trouverais con. Je ne crois que pas que les gens qu’on vient de citer comme Soral. Meyssan ou Le Pen soient antisémites. Je ne crois pas que ce soit une priorité pour eux ou que ce soit une obsession non plus. Oui, il y a des gens dans leur environnement [qui le sont]... Oui, j’y ai entendu des réflexions, mais pas plus qu’à l’extérieur.
Le sketch chez Fogiel, c'est un tournant dans ta carrière.
Oui… C’est un sketch qui a provoqué un vrai débat. Tant mieux, finalement. Je pense que le bouffon à la Cour doit provoquer ce genre de débat. Je pense avoir fait mon travail, et je ne pense pas qu’on soit nombreux à le faire. Les autres s’amusent avec leurs crottes de nez,
c’est leur problème ! S’ils font marrer avec ça… En France, on montre ses fesses : très bien.
A la fin d’un de tes spectacles, Jamel Debouzze vient te saluer sur scène, cagoulé. Il dit qu’après l'émission de Fogiel [où Dieudonné était l'invité de Jamel] il a été obligé de faire "Enrico Macias chez Drucker" pour rattraper le coup.
Il a raison... Enrico Macias ? Moi j’ai pas envie de passer un moment avec Enrico Macias !
C’est quand même pas être antisémite que de trouver que c’est de la merde ce qu’il fait (rires). L’homme je ne le connais pas. Il est peut être très sympathique mais à un moment donné, c’est mauvais... Et Jamel aussi a le droit de le dire. Mais non… Il est obligé de se farcir des émissions et de faire le con avec des gens qu’il n’aime pas... Jamel c’est son chemin. C’est bien, si c’est ce que t’as envie de faire…
Tu ne regrettes pas l'engrenage qui fait que tu t'expliques sur Le Pen toute la journée ?
Le Pen c’est vrai que j’en parle beaucoup. C’est ce que je dis à la fin de mes spectacles : « Arrêtez d’être des esclaves. Désapprenez. Que j’aille serrer la main de Le Pen ? Mais la prochaine fois je l’embrasserai ! Réfléchissez. Réfléchissez une seconde. Arrêtez de vous comporter comme des esclaves et de faire ce que la télé vous dit. Soyez là où on ne vous attend pas. Désobéissez. Vous n’avez pas à obéir à la pensée unique". Après, est-ce que Le Pen est quelqu’un de bien ? Je ne le connais pas assez. Tout ce que j’ai à en dire c’est qu’il n’est pas inscrit dans le "politiquement correct". Ça c’est certain. Il a pris une place, et cette place est peut être la moins dangereuse : celle du méchant. Dans un bon film il y a toujours un méchant.
Il est dans le film de la politique. Après on essaie d’en fabriquer d’autres car il n’est pas éternel. Après lui, qui va représenter le "danger absolu" du prochain système politique ?
En t'affichant avec Le Pen tu t’es mis dans la situation où tous ceux qui ne t’aimaient pas voulaient te voir (8).
Certains ne m’aiment pas, ils disent "Regardez ! Regardez !". Le lendemain je vais voir Ségolène à Charléty, je lui dis : "Bon on va pas voter Sarkozy quand même !" Là par contre on n’en parle pas. Pourtant il y a un soutien politique puisque je dis ouvertement "il faut faire barrage à Sarkozy", alors que de l’autre côté (au FN) je dis "Non je ne voterai pas pour vous".
Que s'est-il passé avec José Bové ?
Il ne savait plus où il en était, d’ailleurs il a refusé mon soutien (1,5% son score aux présidentielles) c’était aussi son charisme politique qui était à l’épreuve. Je ne vais pas dire que je lui aurais apporté quoi que ce soit, mais on ne refuse pas le soutien. Je l’aime beaucoup Bové mais il cherchait une place à côté de Ségolène pour être ministre de je ne sais quoi. C’est là où ce carriérisme à deux balles est fatigant. Politiquement, il s’asseoit dans le train et suit les autres. En politique, si on a foi en ses convictions, on doit les porter sans passer par la pensée unique.
Comment se passe "l'après-Fogiel" ?
Ça fait trois, quatre ans maintenant… Les spectacles sont complets et je vais te dire : moi je n’ai plus envie de faire ces émissions-là. La seule que j'ai faite c'est l’émission de Taddeï (9). Autrement je réponds au téléphone, je ne me déplace plus. Tape “spectacle comique“ sur Dailymotion : l’extrait le plus regardé c’est le mien. Je n’y peux rien. Personne ne force le public, les salles sont pleines… Mais c’est vrai que sortir du système marchand et des têtes de gondoles, ça fait peur.
Tu te dis "Merde… " Et puis non, au contraire. Je ne me vois vraiment plus faire un sketch à la télé.
Quel est ton regard sur la génération "stand up" du "Jamel Comedy Club"?
Jamel avait différents chemins, différentes options. Il a choisi le business... Donc il n’a pas le temps d’écrire. Il achète ce qui fonctionne, il vend ce qui marche. Et puis il a une Ferrari. Bientôt il aura un resto de couscous dans le VIIIème... Tant mieux !... Jamel n’a pas d’illusions. Il se dit que c'est le système qui est comme ça. Et puis il est Marocain : il y a un roi là-bas. Naturellement il accepte le système marchand comme il accepte le système de la monarchie : tu n'as pas le choix, sinon on te coupe la tête…. Moi je n’ai pas de roi. Culturellement je suis Breton d’un côté et puis "peuple de la forêt" de l’autre (rires).
J'ai du mal à cerner tes influences…
Nougaro, le Jazz, la musique en général, Fernand Reynaud… Bedos un peu, Daniel Prévost beaucoup. J’aime bien l’humour anglais. Benny Hill, ça me faisait marrer. Culturellement je ne suis pas “américain“ : c'est plutôt Jean Yanne, Blier, Audiard…
Pourquoi Benny Hill ? On l'a surtout vu pinçer des culs sur FR3, souvent en accéléré d'ailleurs.
(Rires) Ouais c’est ça… Pour Benny Hill, faut voir le spectacle. Pour moi c’est le "burlesque décomplexé". A un moment donné les humoristes veulent faire "intelligent". Ou maintenant ils veulent faire "chanteur", à chaque fois je les trouve (il s'interrompt)… Il y a une honte du "comique". Moi j’ai toujours aimé les grimaces (rires). Bigard aussi j’aime bien, bon, j'ai plus de nouvelles depuis qu’il est allé voir le Pape ; ça, ce n’est pas drôle par exemple. A moins qu'il lui mette un nez rouge et qu'il lui dise "faut rigoler !" Mais là, se soumettre comme ça, comme Jamel avec son roi... Il est impossible qu’un humoriste quitte la libre pensée pour se soumettre à une autorité, sinon ce n’est pas drôle.
Pour ce qui est de Jamel, de son premier spectacle à son deuxième, il y a vraiment un saut qualitatif. On voit surtout qu’il s’inspire, comme beaucoup d’autres, de tes spectacles.
Mais il me le dit ! Foresti me l’a dit aussi. Il y a toujours autant d'artistes backstage - même s'ils passent par derrière… Ils viennent me dire : "Dieudo, t’es le patron". C’est difficile de déterminer son propre talent, c’est le fait d’être pillé de cette façon-là qui t'en donne une idée… Bon il y en a qui exagèrent, qui reprennent des répliques entières - des mecs connus en plus… Je ne peux pas te balancer de noms sinon ce sont des procédures - même si je suis habitué, maintenant... Ils se reconnaîtront. Je préfère objectivement, comme Elie Semoun l’a fait la semaine dernière, qu'on m’appelle :
"Est-ce que je pourrais reprendre un de tes sketches ?
- Soit on l’arrange ensemble, soit effectivement ça va se voir".
En même temps, Elie a des problèmes par rapport à son producteur. Elie ne se produit pas réellement, alors pour entraîner la dynamique de"rebosser avec Dieudo"...
Comment va t-il faire ? Est-ce qu'il va abandonner l’idée ?
Vous travaillez sur un sketch ? Un spectacle ?
On pourrait… On pourrait écrire en tout cas. Après ça pourrait se manifester de plusieurs façons… Même au cinéma. J’ai conscience, dans mon métier, dans mon genre, d’avoir fait évoluer les lignes.
Le Derrière c’était pas mal pour une comédie française.
Bah oui. Valérie Lemercier : voilà des talents purs, sans influence.
T’es toujours en contact avec des gens comme ça ?
Oui, mais c’est pareil, il faut les laisser, je ne veux pas… Ils n’ont pas à porter un quelconque poids d’un rapprochement avec moi.
Tu m'expliques que t’es devenu "un boulet" ?
Quelque part un "boulet", en même temps qu’un "espace d’inspiration"… Rien n’est simple en réalité. Rien ne peut s’enfermer réellement, tout ce qui est vivant est libre. Il y en a qui sont plus ou moins libres. C’est Nougaro, que j’ai vraiment eu la chance de côtoyer sur la fin de sa vie,
et qui avant d'être un copain, était un de ceux qui m’a donné envie de faire ce métier, qui me disait (avec l’accent toulousain) : "Dieudonné, tu es esclave de ta liberté". Et c’est vrai que je suis enchaîné à ça.
1 Président-fondateur du Réseau Voltaire. Auteur de "L'Effroyable imposture" best-seller mondial qui analyse les attentats du 11 septembre 2001 comme un acte de terrorisme intérieur.
2 Membre du comité central du Front National.
3 Dray fonde l’association en 1984. Voir « Histoire secrète de SOS Racisme » de Serge Malik publié en… 1990.
4 Jeune Francilien kidnappé, puis torturé et assassiné en février 2006. Ses ravisseurs (le "gang des barbares" mené par Youssouf Fofana) avaient choisi leur victime au motif que "sa famille juive aurait de l'argent".
5 De juin 1954 à février 1955. Il assiste Pierre Mendès-France dans les négociations qui aboutissent à l’autonomie de la Tunisie et du Maroc. De février 1956 à mai 1957, il est Garde des sceaux dans le gouvernement de Guy Mollet qui est renversé peu après la « bataille d’Alger ».
6 SOS Enfants d'Irak, créée par Jany Le Pen.
7 Il a interprété un terroriste juif le 1er décembre 2003 dans On ne peut pas plaire à tout le monde, diffusée par France 3.
8 En février 2005 Bernard-Henri Lévy publie dans son "Bloc-notes" du Point un texte intitulé "Dieudonné, fils de Le Pen".
9 "Ce Soir ou jamais", France 3.



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