
Tu appelles peut-être ça “un film à la con”, à Hollywood ils appellent ça un “buddy“. La règle est immuable : les deux protagonistes ne peuvent pas s’encadrer, ils n’auraient jamais pensé faire équipe, pourtant, pour une fois, ils ont besoin l’un de l’autre. L’un est jeune ; l’autre vieux. Le premier est introverti ; le second “bigger than life“… Pour résumer, ils sont différents. Super différents. Tellement différents que la plupart du temps, ils ne sont même pas de la même couleur.
Retour sur les quatre films fondateurs qui ont remis le cinéma en noir et blanc au goût du jour. NB : Comme les héros portent souvent des badges LAPD et des voitures équipées de gyrophare, on peut parler de “buddy cop” : un sous-genre, au croisement du “buddy“ et du “polar“.
C’est le Rapper’s Delight du film Buddy. Financé par Joel “Matrix“ Silver : “Il y a trois règles pour faire un bon film : le casting, le casting et le casting”. Alors Joel pense d’abord à Clint Eastwood pour le rôle de l’inspecteur Jack Cates et à Richard Pryor pour Reggie Hammond, le repris de justice. Comme Eastwood préfère rejoindre Don Siegel sur L’Evadé d’Alcatraz [samplé sur La Lettre des Lunatic], Joel songe, dans un second temps, à réunir Lee Marvin et Gene Hackman. Finalement il fera affaire avec Nick Nolte, et un tout jeune acteur de 21 ans, que la Paramount trouve très mauvais : l’infamous Eddie “va chier mec“ Murphy.
Encore étudiant à UCLA, Shane Black (futur réalisateur du trépidant Kiss Kiss Bang Bang) écrit l’histoire de deux flics du LAPD. Cette fois, le noir, Roger Murtaugh, est un bon père de famille ; le blanc, Martin Riggs, un sociopathe alcoolique. “Le premier possède une arme, le second en est une“. Joel Silver (encore lui) pressent Bruce Willis pour le rôle de Riggs.
Mais la première lecture entre Danny Glover et Mel Gibson conquit Richard Donner : “Ils trouvaient des rires là où je n’en avais jamais vu et de l’émotion là où elle n’existait pas encore”.
Adapté d’une B.D. de Lowell Cunningham, le premier “M.I.B“ rapportera plus de 589 millions de dollars à ses heureux producteurs.
Les scénaristes mélangent une recette qui marche (le vieux flic blanc bourru, Tommy Lee Jones, et son jeune coéquipier noir volubile, Will Smith) à une trouvaille : revisiter la formule Ghostbusters, un classique de la comédie fantastique.
Des monstres, un uniforme, des flingues marrants et un sample de Patrice Rushen pour un hymne d’aventure aussi débile que le tube de Ray Parker Jr. Here comes the Men In Black.
Quand les poings les plus rapides de l’Est rencontrent la plus grande gueule de l’Ouest, c’est Brett Ratner, clippeur du Wu-Tang (Triumph), qui est aux manettes.
Le fils de l’ambassadeur chinois est enlevé à Los Angeles. Comme les asiatiques ne font pas confiance au LAPD de Chris Tucker, ils lui collent Jackie Chan dans les pattes. Pour la première fois, un buddy réunit un noir et un jaune.
Et cette fois, c’est Jackie Chan, victime des clichés de la communauté noire, qui évolue en décalage total. Un scénario quasi révolutionnaire !
Heureusement, pour ménager le spectateur, le cahier des chartes ne souffre pas d’autres entorses : le noir met le poste à fond dans son cabriolet, le chinois s’exprime exclusivement par son karaté bruyant.
Enfin une comédie qui met en scène les préjugés des Noirs. Woody Harrelson joue un petit malin qui arnaque les basketteurs noirs. En gros, il gagne de l’argent en leur faisant croire qu’il joue comme un blanc, alors qu’en vrai, il joue comme Larry Bird. Le premier noir à se rendre compte de la manœuvre de cet enculé de basketteur blanc sera Wesley Snipes.
Woody et Wesley Sipes affronteront un caïd des playgrounds de Venice Beach, le hall of famer Gary Payton. La deuxième fois que Payton jouera au basketteur californien, ce sera aux Lakers, en 2003, et ça se passera beaucoup plus mal. Woody, lui, remettra son débardeur pour aimer le basketball de façon sexy dans Semi Pros.
OK, le titre original est Three Though Guys. OK, le nom de Fred Williamson apparaît en grand sur l’affiche. Mais Fred ne fait pas partie du duo puisqu’il a le rôle du méchant. Ensuite, et surtout, c’est le moins dur du trio. Il a même tout de la tafiole et du travelo.
Isaac Hayes est un ex-flic qui faire cuire ses œufs sur un fer à repasser, al dente. Lino Ventura est un prêtre qui administre l’extrême-onction à coups de torgnoles aux voyous qui l’asticotent de trop près.
A un moment, Lino se la coule douce, en slip, sur le plumard, pendant que son copain chauve (Isaac) lui repasse un jean usé par les bagarres. Pas de dialogue pour cette scène culte. Juste une boucle, qui sera samplé sur My Mind Playin Tricks des Geto Boys.
John Landis, à qui l’on doit les Blues Brothers et les funky zombies de Thriller, filme deux vieux salopards de rentier -les frères Duke-, un trader d’élite -Louis Winthorpe-, un arnaqueur de génie -Billy Ray Valentine-, une prostipute -Ophélia-, et un super méchant -le détective Beeks- qui se fera enculer par un gorille pour fêter le nouvel An.
A sa sortie, cette palme d’or de Kungfoutre est rated “R“ à cause des gros mots d’Eddie Murphy et des jolis seins de Jamie Lee Curtis.
Si la majeure partie de l’intrigue se déroule à Philadelphie, le dénouement a lieu dans la Mecque de la finance, Wall Street. En passant devant les Twin Towers, Louis Winthorpe a la réplique la plus prophétique du cinéma américain : “dans ces buildings : soit tu tues, soit tu es tué”.
1/12
2/12
3/12
4/12
5/12
6/12
7/12
8/12
9/12
10/12
11/12
12/12



"Je ne suis pas seulement le hype man..."

"Je crache dans la soupe mais..."

Aprés le Grand Prix du jury ...



Graph the new king from Queens


Interview Daddy Lord C La Cliqua


En direct de Fort Greene Brooklyn



Il a tué 600 flics, ils ont mis 16 ans...

Est-ce que le R&Blanc est le futur de ...

Dieudonné : Le Pen, les Juifs, Jamel...

Alchemist : Un B-boy blanc c'est comme ...

YouTube vs MTV : Live @ the Renaissance

Isaac Hayes : "J'y suis allé à la dure"

Ekoué : à l'origine de la Rumeur
